3. mars 2026
Et si on avait tout faux sur l'apprentissage ?
Spoiler : ce n'est pas dans les programmes officiels.
Il y a un mot qui fait peur à presque tout le monde. Un mot pourtant
beau, fondamental, profondément humain. Ce mot, c'est : apprendre.
Fermez les yeux une seconde. Quand vous entendez « apprendre », qu'est-ce qui vous
vient ? Une salle de classe ? Un manuel scolaire ? Un enfant qui pleure sur ses devoirs ?
Ou pire — un souvenir douloureux du vôtre ?
C'est fascinant, non ? Nous apprenons depuis le premier jour de notre vie — avant même
de savoir que ça s'appelle comme ça — et pourtant ce mot génère plus d'anxiété que de
curiosité.
J'aimerais contribuer à changer cela. C'est précisément pour ça que ce blog existe.
Ce que 19 ans dans une classe m'ont vraiment appris
Je suis enseignante depuis 19 ans. Je vais vous confier un secret que l'Éducation Nationale
ne m'a pas enseigné en formation initiale : on peut passer des années à enseigner sans vraiment
comprendre comment les êtres humains apprennent.
Ce n'est pas une critique. C'est un constat. Et c'est un constat que j'ai mis du temps à faire
sur moi-même.
Pendant longtemps, j'ai fait ce qu'on m'avait appris à faire : transmettre des savoirs, évaluer
des compétences, gérer une classe. Avec soin, avec amour du métier. Mais quelque chose
me manquait. Il y avait des enfants intelligents, curieux, vivants devant moi — et pourtant en
échec. Des parents épuisés qui faisaient tout bien. Des enseignants consciencieux qui
doutaient d'eux-mêmes.
Et moi, avec mes outils classiques, je sentais que je passais à côté de quelque chose
d'essentiel.
Avec la psychopédagogie positive, j'ai allumé la lumière dans des pièces que chacun croyait connaître. (Jolie métaphore, n'est ce pas ?)
S'arrêter, s'observer, s'écouter. Car oui, s'intéresser à la façon dont on pense et à ce que l'on ressent, change beaucoup de choses.
La métacognition : ce superpouvoir qu'on n'enseignait jamais
Voilà un mot qui mérite qu'on s'y arrête.
La métacognition, c'est simplement la capacité à penser à sa propre façon de penser. À se
demander : comment j'apprends, moi ? Qu'est-ce qui m'aide ? Qu'est-ce qui me bloque ?
Posez-vous la question honnêtement : est-ce qu'un professeur vous a déjà dit « aujourd'hui
on va apprendre comment vous apprenez » ?
Pour la plupart d'entre nous, la réponse est non. Mais aujourd'hui, les choses changent. Alors, non, nous n'allons pas faire diversion en leur apprenant longuement comment ils apprennent mais saisissons toutes occasions de leur montrer que tel succès ou telle erreur vient de telle stratégie d'apprentissage.
L'enfant (l'adulte) qui comprend son fonctionnement devient acteur de ses apprentissages (de sa vie). Ne plus subire — mais PILOTER. Quel magnifique liberté !
Cela apportait un élément de compréhension mais c'était encore insuffisant. La psychopédagogie positive est venue confirmer une intuition profonde concernant l'apprentissage ? Il n'est jamais purement intellectuel. Le cerveau apprend avec le corps qui le porte, les émotions qui le traversent, les relations qui le sécurisent — ou pas. L'amygdale, cette petite structure en forme d'amande nichée dans notre cerveau, scanne en permanence notre environnement à la recherche de menaces. Quand elle en détecte une — réelle ou imaginaire — elle déclenche une réponse de stress qui court-circuite notre capacité d'apprentissage. 📊 Les neurosciences cognitives le confirment : sous stress intense, l'hippocampe — centre de la mémoire et de l'apprentissage — réduit son activité. Impossible d'apprendre efficacement quand on a peur. Et le stress se révèle parfois suite à un simple mot, un geste qui pour l'autre est anodin.
Qu'il s'agisse de stress, fatigue, nervosité,...entre celui qui ne tient pas en place, celle qui se ronge les ongles. Signaux non verbaux, gestuelle, sont autant de signaux que quelque chose parasite l'apprentissage.
On apprend avec la tête, le cœur et le corps...
